Témoignage : les yeux embués de larmes du raton-laveur

Un témoignage de Maïté, bénévole AVF Paris

Maïté, bénévole AVF Paris

Hier, j’ai participé successivement à deux actions anti-fourrure dans Paris. Rue du Commerce avec la Société Anti-fourrure et Place de la Sorbonne avec Fourrure-Torture qui a un événement de sensibilisation chaque mois. Ces derniers disposent d’un bel écran sur lequel on voit les tortures infligées en Chine aux animaux dont la fourrure est majoritairement destinée à orner les cols et capuches. Plusieurs réactions : le dégoût – vite, on s’éloigne – le déni (« non, ma fourrure elle est synthétique »), le mépris (« les enfants meurent de faim en Syrie »), l’approbation (« nous ne portons pas de fourrure, c’est bien ce que vous faites » ou encore mieux « je plains les animaux d’être obligés de partager la planète avec les hommes »). Et puis quelques-uns, rares, s’installent devant l’écran et réagissent émotionnellement « ça n’est pas possible! », posent des questions, s’attardent, demandent presque à être consolés tant ces tortures dépassent l’entendement.
Un jeune homme me prend à partie, juste au moment où on voit les tortionnaires frapper les animaux avec des matraques ou contre le sol: « là ils les tuent, je vois leurs mouvements réflexes, ils sont morts, je suis Chasseur, moi je connais ça ». Moi : « non Monsieur, ils les étourdissent, les brisent sans les tuer, la fourrure est plus belle quand ils sont dépecés vivants ». Ensuite on voit ces tortionnaires leur couper les membres à vif (« ben oui, pour enlever la peau, c’est comme ça qu’on fait » reprend mon interlocuteur). Et puis, hébété, il reprend : « ils saignent, c’est donc que le cœur bat, ils sont donc vivants! ». A ce moment-là, la caméra effectue un gros-plan sur le raton-laveur, le visage de l’animal, en pleurs… Et là, mon interlocuteur : « ah non, on ne peut pas faire ça, ce n’est pas possible, il est vivant, on lui a brisé la colonne vertébrale… il pleure… ».
Je m’étais forcée à regarder jusqu’au bout, moi qui évite habituellement ce genre de visionnage. Moi aussi j’avais les larmes aux yeux… Je n’ai pas beaucoup dormi la nuit dernière. Et chaque fois désormais que je croise une bordure de capuche en fourrure, je repense aux larmes de l’animal. Et je hais l'(in)humanité tout entière…
Les yeux embués de larmes du raton laveur

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